La ménopause correspond à l’arrêt définitif de la fonction folliculaire ovarienne, cliniquement défini par une aménorrhée (arrêt des menstruations) de douze mois consécutifs.
En France, la ménopause concerne quatorze millions de femmes et 500 000 nouvelles femmes l’atteignent chaque année1. Elle survient en moyenne à 51 ans2 et une espérance de vie féminine de 85,6 ans3, une femme vit aujourd’hui plus d’un tiers de son existence après la ménopause. Ce basculement hormonal n’est pas un événement ponctuel mais un processus physiologique progressif débutant avec la péri-ménopause.
Chez INBIOSY, nous abordons la ménopause pour ce qu’elle est cliniquement : un changement durable des hormones, qui peut entraîner des troubles pelvi-périnéaux pouvant nécessiter une rééducation basée sur des données scientifiques solides.
La périménopause avant l’arrivée de la ménopause
La périménopause précède l’arrêt des règles de plusieurs années. Les cycles deviennent irréguliers à mesure que les taux d’œstrogènes et de progestérone fluctuent, avant leur déclin définitif. Ce sont ces fluctuations hormonales, plus que leur simple baisse, qui expliquent l’apparition précoce de symptômes parfois difficiles à identifier : troubles du cycle, tensions mammaires, changements d’humeur.
Lorsque la fonction ovarienne s’interrompt avant 40 ans, on parle de ménopause précoce.
Une prévalence symptomatique élevée
L’étude française du GEMVI (Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal), conduite en 2020 auprès de 5 000 femmes de 50 à 65 ans, objective que 87 % des femmes présentent au moins un symptôme lié à la ménopause.4
Les bouffées vasomotrices (ou bouffées de chaleur) est un des symptômes les mieux documentés et touchent environ sept femmes sur dix selon les données de l’Assurance Maladie5. Elles apparaissent de façon brève, sous formes de frissons, de brusques sensations de chaleur intensive jusqu’au visage suivie de rougeurs, de palpitations ou sueurs abondantes.
Ces manifestations vasomotrices s’accompagnent souvent de troubles du sommeil, d’une fatigue persistante et de changements d’humeur, dont le lien avec les fluctuations hormonales est aujourd’hui bien établi. La ménopause entraîne également des modifications métaboliques identifiées. Par exemple il s’agit de la redistribution des graisses vers l’abdomen et la diminution progressive de la masse musculaire. Ces symptômes ont également un retentissement professionnel documenté par le Sénat dans son rapport de juin 2023 consacré à la santé des femmes au travail.1
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause
Les tissus vulvaires, vaginaux et urétraux sont particulièrement sensibles aux œstrogènes. Leur raréfaction à la ménopause entraîne un amincissement des muqueuses, une diminution de la vascularisation et de la sécrétion locale, et une perte de souplesse des tissus de soutien. Contrairement aux bouffées de chaleur, ces modifications ne s’atténuent pas spontanément avec le temps. L’Inserm souligne que les troubles génito-urinaires peuvent au contraire s’aggraver avec le vieillissement.2
Cette entité, désignée sous le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), regroupe un ensemble de symptômes vaginaux, sexuels ou urinaires. Il peut s’agir de sécheresse et irritation vulvo-vaginales, d’urgenturies, d’infections urinaires récidivantes, de fuites urinaires ou encore de douleurs et inconforts pendant les rapports (dyspareunie). Il peut être concomitant avec une descente d’organes (prolapsus) dû à un relâchement des structures de soutien du plancher pelvien.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) concernerait, selon une revue systématique publiée en 2021, entre 13 % et 87 % des femmes après 40 ans6. Cet écart considérable s’explique par l’hétérogénéité des populations étudiées ainsi que par les différents critères et symptômes pris en compte d’une étude à l’autre.
Répercussions sur les os et le système cardiovasculaire
À la ménopause, la chute des œstrogènes accélère la dégradation du tissu osseux. Il en résulte une accélération de la perte de masse osseuse. Celle-ci est particulièrement marquée dans les premières années suivant l’arrêt des règles, qui expose au risque d’ostéoporose. Selon l’Inserm2, l’ostéoporose est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes du même âge. En effet, le risque de fracture concerne une femme sur trois ou quatre d’ici la fin de sa vie. La prévention de ce risque s’engage dès la périménopause, avant l’installation d’une perte osseuse significative.
Les œstrogènes protègent le cœur et les vaisseaux sanguins, notamment en aidant les artères à bien fonctionner et en maintenant un bon équilibre du cholestérol. Leur disparition contribue à l’augmentation du risque cardiovasculaire observée après la ménopause. Selon l’Inserm2, le risque cardiovasculaire des femmes ménopausées rejoint celui des hommes et les maladies cardiovasculaires deviennent la première cause de mortalité féminine après 65 ans.
Ces données justifient un suivi médical structuré, incluant la surveillance des paramètres tensionnels, lipidiques et glycémiques.
Les leviers d’intervention fondés sur des données probantes
Trois axes complémentaires structurent une prise en charge rigoureuse de la transition ménopausique.
Le premier axe est l’adaptation nutritionnelle. Dans un contexte de modification du métabolisme énergétique, elle vise le maintien de la masse musculaire et de la densité osseuse.
Le deuxième axe est l’activité physique régulière et adaptée, en particulier le renforcement musculaire. Les effets sont démontrés sur la préservation du capital osseux, la fonction cardiovasculaire et l’équilibre thymique face aux fluctuations hormonales. Elle doit toutefois être encadrée lorsque le plancher pelvien est fragilisé, afin de ne pas aggraver les symptômes génito-urinaires.
Le troisième axe, la rééducation pelvi-périnéale, cible les tissus atteints par la carence hormonale. Par un travail de renforcement, de proprioception et, selon les indications, de techniques instrumentales, elle vise à restaurer la trophicité, le tonus et la fonction du plancher pelvien, en prévention comme en traitement des troubles installés.
L’approche INBIOSY
INBIOSY propose un bilan périnéal complet et un accompagnement individualisé à chaque étape de la ménopause, de la périménopause aux années qui suivent. La rééducation périnéale chez INBIOSY est accessible sur prescription médicale par une ordonnance de kinésithérapie en pelvi-périnéologie.
L’évaluation initiale lors de la première séance effectuée par la kinésithérapeute permet d’analyser les atteintes tissulaires et fonctionnelles. Il pourra orienter vers un programme de rééducation adapté au profil de chaque patient.e.

INBIOSY défend une approche de la kinésithérapie pelvi-périnéale fondée sur le mouvement. Son plateau technologique de pointe vient enrichir le travail manuel et les exercices posturaux, sans jamais s’y substituer. Chaque technologie est utilisée seule ou associée aux autres, selon le protocole de soin défini pour chaque patiente.
La técarthérapie agit sur la qualité des tissus périnéaux fragilisés par la carence œstrogénique. En stimulant la vascularisation locale et en soutenant la trophicité des muqueuses, elle s’avère particulièrement adaptée au contexte ménopausique.
Le fauteuil de stimulation magnétique sollicite le plancher pelvien par stimulation électromagnétique, sans dispositif intracavitaire ni déshabillage. Cette modalité convient aux patientes pour lesquelles un abord direct n’est pas souhaité.
Le biofeedback offre une visualisation en temps réel de l’activité musculaire périnéale. Il aide à identifier et à corriger les schémas de contraction ou de relâchement dysfonctionnels, fréquents lorsque le plancher pelvien a évolué sous l’effet des modifications hormonales.
La photobiomodulation est mobilisée selon les indications cliniques, notamment lorsqu’une action sur la qualité tissulaire en profondeur est recherchée en complément des autres approches.
Vos questions sur la ménopause

Sources
1 : RAPPORT D’INFORMATION du Sénat, fait au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur la santé des femmes au travail
2 : INSERM, Ménopause, Une meilleure sécurité d’utilisation des traitements hormonaux
3 : INSEE, Bilan démographique 2024
4 : GEMVI, LA MÉNOPAUSE EN FRANCE
5 : Ameli, Ménopause : définition, symptômes et diagnostic
6 : PubMed, Genitourinary syndrome of menopause: a systematic review on prevalence and treatment
