L’ostéoporose ne se ressent pas avant qu’une fracture ne survienne, ce qui en fait une maladie silencieuse et sous-estimée. Or, la ménopause en constitue l’un des principaux facteurs déclenchants. Comprendre ce mécanisme permet d’agir avant que le risque ne se concrétise.

Une pathologie fréquente et directement liée à la ménopause
En France, l’ostéoporose touchait près de 4 millions de personnes en 2019, soit environ 5,5 % de la population, et serait à l’origine de 484 000 fractures de fragilité par an1. Elle est deux à trois fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, en raison directe de la ménopause. Selon l’Inserm2, elle concerne environ 39 % des femmes autour de 65 ans, et jusqu’à 70 % de celles de 80 ans et plus.
Pourquoi les os se fragilisent à la ménopause
Les œstrogènes freinent naturellement la dégradation du tissu osseux et favorisent la formation d’os neuf. Lorsque leur taux chute à la ménopause, cette protection disparaît progressivement. Ce phénomène est d’autant plus marqué que la ménopause survient tôt, avant 40 ans, la durée d’exposition à la carence en œstrogènes étant alors plus longue.
Ce que cela signifie au quotidien
L’ostéoporose ne provoque aucune douleur avant la survenue d’une fracture, le plus souvent au niveau du poignet, des vertèbres ou de la hanche. C’est cette absence de symptôme qui en fait une maladie sous-diagnostiquée, alors même que ses conséquences peuvent être lourdes sur l’autonomie.
Les leviers de prévention identifiés
L’activité physique a un effet bénéfique démontré sur la densité minérale osseuse, à tout âge, en plus d’entretenir la musculature et l’équilibre qui limitent le risque de chute2 3. Une supplémentation en calcium et en vitamine D peut être proposée en cas de carence avérée, sans se substituer à un traitement en cas d’ostéoporose confirmée. Le tabac et la consommation excessive d’alcool favorisent au contraire la perte osseuse et sont à limiter.
Chez les femmes récemment ménopausées présentant des symptômes gênants, le traitement hormonal de la ménopause est aussi identifié comme un moyen de préserver la densité osseuse. Il réduirait le risque de fractures de 30 à 40 %, y compris chez les femmes à faible risque initial3. Cette option se discute individuellement avec un médecin, en tenant compte de l’ensemble du profil de santé.
Densité osseuse et périnée : deux enjeux à concilier
Le renforcement musculaire est l’un des leviers les plus efficaces pour préserver la densité osseuse après la ménopause, en particulier lorsqu’il associe travail en charge et exercices avec impacts. Mais ce sont ces mêmes impacts, et les hausses de pression intra-abdominale qui les accompagnent, qui sollicitent le plus un plancher pelvien fragilisé. Les deux objectifs ne s’opposent pas, mais ils ne s’accordent pas d’eux-mêmes.
Chez une femme présentant des troubles urinaires ou une descente d’organes, une progression mal calibrée peut aggraver les symptômes. Cependant, un renoncement à toute charge sacrifierait le capital osseux.
C’est tout l’enjeu d’une prise en charge kinésithérapique cohérente. Il permet d’évaluer le périnée avant d’intensifier, d’apprendre à gérer les pressions, et de construire une progression qui protège l’un sans renoncer à l’autre.
Les bons réflexes pour débuter
Une ostéodensitométrie, prescrite par un médecin, permet d’évaluer la densité osseuse et d’orienter la prise en charge. En parallèle, l’activité physique régulière et un bilan pelvi-périnéal en cas de troubles urinaires associés participent à une approche globale de la santé après la ménopause.

Article rédigé par Carine Dubois, co-fondatrice d’INBIOSY
Sources
1 : Ameli, Comprendre l’ostéoporose
2 : INSERM, ostéoporose
3 : INSERM, la ménopause
