L’incontinence anale, c’est l’émission involontaire de gaz et de selles. Considéré, à tort, comme une honte, c’est un sujet que peu de gens osent aborder, y compris avec leur médecin. En France, selon la SNFGE, environ 5 % des adultes sont concernés, avec une nette prédominance féminine1. Pourtant, dans près de 70 % des cas, une prise en charge adaptée améliore significativement la situation1.

Le silence autour de l’incontinence anale
La honte autour de ce trouble retarde souvent la consultation. Perdre des gaz de façon involontaire, salir ses sous-vêtements, ne pas pouvoir différer l’envie d’aller aux toilettes : ces situations provoquent une gêne intense, parfois une véritable sidération. Alors, beaucoup de personnes y répondent par l’évitement, en anticipant les situations à risque, en modifiant leur alimentation, en limitant leurs déplacements. Ce sont des stratégies d’adaptation qui entretiennent souvent une aggravation silencieuse du trouble.
Aborder l’incontinence anale en consultation
Beaucoup de patients ne savent pas comment introduire ce sujet avec leur médecin. Pourtant, quelques mots suffisent : “j’ai des difficultés à retenir mes gaz ou mes selles, et ça affecte ma vie quotidienne”. Ce sont des mots simples, directs, qui permettent au médecin de prendre le relais.
Il peut être utile de noter, avant la consultation, la fréquence des épisodes, leur nature (gaz, selles liquides, selles solides), les circonstances déclenchantes, et les habitudes de transit. Ces informations aident le médecin à évaluer rapidement la situation et à orienter vers la prise en charge la plus adaptée. Le sujet paraît parfois difficile à aborder avec son médecin habituel. On peut alors tout à fait prendre un rendez-vous dédié. En effet, il suffit de préciser à la secrétaire que la consultation concerne un trouble digestif. Ce cadre donne du temps et de l’espace pour parler sans se sentir pressé.
Le rôle du médecin
L’incontinence anale est un motif médical légitime. Elle a des causes identifiables, des mécanismes précis, et des prises en charge efficaces.
Le médecin généraliste sait accueillir ce type de symptôme. Il oriente vers les bons spécialistes et prescrit une rééducation pelvi-périnéologique si nécessaire.
Si l’incontinence est sévère ou ne répond pas à la rééducation, d’autres options existent : traitements médicamenteux, neuromodulation sacrée, voire chirurgie dans certains cas. Mais ces étapes ne peuvent s’envisager que si le symptôme est d’abord nommé.
La prise en charge en pelvi-périnéologie
L’incontinence anale ne disparaît pas spontanément dans la plupart des cas. Sans prise en charge, elle évolue souvent en s’aggravant, au rythme du vieillissement, de nouvelles grossesses, ou de l’accumulation des facteurs qui la fragilisent.
En revanche, une prise en charge précoce change réellement les trajectoires. Les patients qui consultent avant que le trouble ne soit très installé répondent mieux à la rééducation, progressent plus vite, et retrouvent une qualité de vie plus rapidement. Ce n’est pas une question de courage : c’est une question d’information.
La rééducation en pelvi-périnéologie est recommandée en première intention avant tout recours chirurgical. Elle repose sur un travail manuel et le biofeedback qui permet de rééduquer la contraction et la coordination du sphincter anal. De plus, des conseils hygiéno-diététiques adaptés sont prodigués. Les résultats sont souvent significatifs, à condition que la démarche soit engagée tôt.
Ordonnance de kinésithérapie en pelvi-périnéologie
La première étape est de parler de ce trouble au médecin traitant qui pourra prescrire, sur ordonnance, des séances de kinésithérapie en pelvi-périnéologie chez INBIOSY. Le bilan initial du kinésithérapeute permet d’identifier ce qui se passe et de construire un protocole adapté à votre situation.
Source
1 : SNFGE. Incontinence anale
