L’incontinence anale touche les deux sexes, même si une idée reçue tenace l’associe uniquement aux femmes et à l’accouchement. Ce stéréotype nuit particulièrement aux hommes, qui hésitent encore plus à consulter et voient ainsi leur prise en charge retardée. Pourtant, les études épidémiologiques confirment la réalité de ce trouble chez l’homme comme chez la femme. En France, la SNFGE estime d’ailleurs qu’il concerne environ 5 % de la population adulte globale1.
Une pathologie souvent liée à un antécédent chirurgical ou à l’âge
Chez l’homme, les deux principales causes d’incontinence anale sont les séquelles de chirurgie ano-rectale et le vieillissement du plancher pelvien.
La fistulotomie, la sphinctérotomie interne pour fissure anale, la résection rectale et les interventions pour cancer colorectal peuvent léser directement le sphincter anal ou son innervation, générant une incontinence d’emblée ou à distance de l’intervention.

Le syndrome de résection antérieure du rectum, qui associe urgences défécatoires, fragmentation du bol fécal et incontinence aux gaz ou aux selles, concerne un nombre important de patients opérés d’un cancer du rectum et constitue une indication spécifique de rééducation pelvi-périnéologique.
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, notamment la maladie de Crohn avec atteinte ano-périnéale, le diabète, et les troubles du transit chroniques constituent des facteurs aggravants bien documentés. Chez l’homme âgé, la sarcopénie des muscles périnéaux contribue à l’affaiblissement progressif du dispositif sphinctérien.
Manifestations cliniques
Les pertes de gaz sont souvent le premier signe rapporté, mais sont malheureusement minimisées pendant longtemps. Elles peuvent évoluer vers des souillures passives ou des urgences défécatoires. Certains hommes décrivent la nécessité de porter des protections ou de restreindre leurs activités sociales et professionnelles pour gérer le trouble.
Lorsque l’incontinence survient en contexte post-chirurgical, elle peut s’accompagner de douleurs à la cicatrice, de dyspareunies ou de troubles mictionnels associés.
Bilan et technologies chez INBIOSY
Le bilan initial effectué par le kinésithérapeute prend en compte le contexte chirurgical ou médical, la nature et la fréquence des épisodes, les habitudes de transit et l’impact sur la qualité de vie. En fonction de la situation de chaque patient, un toucher rectal ou examen clinique approfondi lors de ce premier rendez-vous n’est pas forcément systématique . L’évaluation de la commande volontaire sphinctérienne et de la sensibilité anorectale oriente le protocole.
Le biofeedback permet de travailler la conscience et la force de la contraction sphinctérienne.
Le fauteuil est mobilisé lorsqu’un travail de fond sans contact est préféré, notamment en phase postopératoire.
La radiofréquence accompagne la récupération tissulaire en cas de cicatrice adhérente ou de tissu fragilisé.
Les conseils hygiéno-diététiques et de régulation du transit, adaptés au contexte spécifique de chaque patient, font partie intégrante du suivi.

Début de l’accompagnement chez INBIOSY
Un proctologue, un chirurgien digestif, un gastro-entérologue ou un médecin généraliste délivre une ordonnance de kinésithérapie pelvi-périnéologique afin de pouvoir débuter la prise en charge chez INBIOSY. Un compte rendu de bilan est transmis au prescripteur, s’intégrant dans le suivi post-chirurgical ou médical coordonné.
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Source
1 : SNFGE. Incontinence anale
