Le périnée masculin

L’anatomie du périnée masculin

Le périnée masculin est une structure en forme de losange, tendue entre le pubis en avant et le coccyx en arrière, délimitée latéralement par les deux ischions. Chez l’homme, il s’étend de ce fait entre le scrotum et l’anus. Contrairement au périnée féminin qui en compte trois, le périnée masculin ne comporte que deux orifices, l’urètre et l’anus.

Le périnée s’organise ainsi en plusieurs plans musculaires.

Le muscle bulbo-spongieux entoure la base du pénis et joue un rôle central dans l’érection et l’éjaculation. Egalement, le muscle ischio-caverneux contribue au maintien de la rigidité érectile.

Ensuite, les muscles transverses superficiel et profond participent au soutien général de la région périnéale.

Le sphincter strié de l’urètre assure de son côté le contrôle volontaire de la continence urinaire. Quand au sphincter strié de l’anus, il est responsable de la continence fécale.

Enfin, le muscle élévateur de l’anus soutient la vessie, la prostate et le rectum. Ce dernier présente chez l’homme un faisceau spécifique, le muscle pubo-prostatique, qui participe au soutien de la prostate.

Par conséquent, le périnée masculin assure quatre fonctions essentielles. En effet, il conditionne la continence urinaire et fécale, la fonction sexuelle par l’érection et l’éjaculation, le soutien des organes pelviens, et la stabilité posturale en participant avec la sangle abdominale et le diaphragme à la régulation de la pression intra-abdominale.

Le cancer de la prostate constitue en France le cancer le plus fréquent chez l’homme. Par exemple, en 2018, les estimations montrent 59 885 nouveaux cas, dont l’âge médian en 2018 était de 69 ans1. Une étude prospective américaine2 portant sur 1 291 hommes opérés d’une prostatectomie radicale a suivi l’évolution de la continence urinaire à 6, 12 et 24 mois postopératoires. À 24 mois, 40 % des patients rapportaient encore des fuites occasionnelles, 6,8 % des fuites fréquentes, et 1,6 % une incontinence totale.

La rééducation pelvi-périnéale, recommandée en première intention après prostatectomie, est associée à des taux de continence atteignant 82 à 85 % à six mois lorsqu’elle est engagée précocement. Réalisée avant l’opération, elle améliore significativement les résultats de continence à trois mois après l’intervention.3

Par ailleurs, au-delà du contexte chirurgical, environ 2 millions d’hommes présentent en France des troubles urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)4. Egalement, le syndrome douloureux pelvien chronique regroupe les anciennes prostatites chroniques non bactériennes. Cela représenterait 4 à 8 % des consultants en centre de douleur chronique et jusqu’à 15 % des consultations urologiques pour des symptômes évocateurs de prostatite chronique, avec une origine bactérienne confirmée dans seulement 5 % des cas environ.

Les symptômes liés au périnée chez l’homme

Chez l’homme, on recense plusieurs situations qui fragilisent le périnée masculin.

Premièrement, la chirurgie de la prostate (prostatectomie radicale, résection endoscopique, adénomectomie) est la principale cause d’incontinence urinaire post-opératoire ; 

Ensuite, la radiothérapie pelvienne et les traitements par ultrasons focalisés sont susceptibles d’altérer la fonction sphinctérienne ; 

L’hypertrophie bénigne de la prostate est aussi source de troubles urinaires obstructifs ; 

Le vieillissement s’accompagne d’une perte progressive de tonicité du plancher pelvien ; 

La pratique sportive intensive à fort impact abdominal mène généralement à une fragilité du périnée ; 

Enfin, le surpoids, la constipation chronique et la toux chronique, augmentent la pression exercée sur le plancher pelvien.

Une consultation est ainsi recommandée dès les premiers symptômes. Il peut s’agir par exemple de l’apparition de fuites urinaires après une chirurgie pelvienne ou prostatique, des troubles de l’érection ou de l’éjaculation, des douleurs périnéales ou pelviennes persistantes, ou des symptômes urinaires obstructifs. Ces signaux relèvent d’une évaluation pelvi-périnéologique précise chez INBIOSY.

La rééducation périnéale de l’homme chez INBIOSY

La rééducation pelvi-périnéale constitue le traitement de première intention de l’incontinence urinaire masculine, qu’elle soit pratiquée en préopératoire ou en postopératoire. Le kinésithérapeute fait tout d’abord un bilan initial pour évaluer la force, l’endurance et la qualité de la commande volontaire du plancher pelvien, ainsi que les habitudes de vie, l’activité physique et le contexte médical du patient.

Chez INBIOSY, le kinésithérapeute peut appuyer les exercices manuels par des technologies à la pointe de l’innovation. Par exemple le fauteuil de stimulation électromagnétique est particulièrement adapté en phase postopératoire précoce. Le biofeedback peut servir à objectiver et corriger la contraction périnéale. Ensuite, la radiofréquence peut accompagner la récupération tissulaire. Et enfin le TENS est utilisé pour la gestion de la douleur.

Les séances sont accompagnées d’un temps d’explication des symptômes et des exercices, qui font partie intégrante de l’accompagnement.

Homme sur le fauteuil de stimulation électromagnétique chez INBIOSY - droits reservés

Orienter un patient vers INBIOSY

L’urologue, le médecin généraliste ou l’oncologue rédigent une ordonnance de kinésithérapie pelvi-périnéologique pour orienter son patient vers des séances de rééducation périnéale chez INBIOSY. Un compte rendu est transmis au prescripteur afin de faire un retour sur les résultats observés grâce aux exercices et technologies utilisées. 

Femme au téléphone remplissant une fiche

Sources

1 : INCa, cancer.fr, Données globales d’épidémiologie des cancers

2 : Synthèse UroFrance. Standford J.L., Feng Z., Hamilton A.S. et al., « Urinary and sexual function after radical prostatectomy for clinically localized prostate cancer. The prostate cancer outcomes study », JAMA, 2000;283(3):354-360.

3 : PubMed, Preoperative pelvic floor muscle diameter as a predictor of postoperative urinary incontinence in robotic‐assisted laparoscopic total prostatectomy

PubMed, Single-session pelvic prehabilitation improves continence recovery after robot-assisted radical prostatectomy: a prospective comparative study

4 : Fiche d’information patient de l’Association française d’urologie (Urofrance, 2011). HYPERPLASIE BÉNIGNE DE LA PROSTATE (HBP), ADÉNOME PROSTATIQUE

5 : Springer Nature. Delavierre D., Rigaud J., Labat J.J., « Le syndrome douloureux chronique pelvien chez l’homme. Quelle physiopathologie ? Quel traitement ? », Basic and Clinical Andrology