La ménopause s’accompagne d’une chute de la production d’œstrogènes, hormones qui entretiennent l’élasticité des muqueuses, la tonicité musculaire du périnée et la lubrification vaginale. On associe spontanément la ménopause aux bouffées de chaleur ou aux sautes d’humeur, plus rarement aux fuites urinaires, à la pesanteur pelvienne ou aux douleurs à la pénétration, qui peuvent altérer significativement la qualité de vie, y compris chez des femmes qui n’avaient présenté aucun symptôme périnéal jusqu’alors.
Une prise en charge pelvi-périnéologique à la péri-ménopause ou ménopause permet d’évaluer l’état des tissus et du plancher pelvien et d’accompagner ces changements hormonaux.
Le lien entre la carence oestrogénique et le plancher pelvien
Les œstrogènes jouent un rôle central dans le maintien de la trophicité des structures périnéales. Quand la production d’œstrogènes chute, progressivement en périménopause puis plus nettement après, les tissus périnéaux évoluent. En effet, la muqueuse vaginale s’amincit, les muscles perdent en élasticité et le soutien ligamentaire des organes pelviens se relâche. Cet ensemble de manifestations est aujourd’hui regroupé sous le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), anciennement nommé atrophie vulvo-vaginale.
La périménopause, qui peut s’étendre sur plusieurs années avant l’arrêt définitif des règles, est souvent le moment où les premiers symptômes apparaissent. Cependant, le lien entre symptômes et fluctuations hormonales à cette période-là n’est pas toujours connu de toutes.
Les symptômes et la consultation
Le tableau clinique du syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) associe plusieurs types de manifestations qui peuvent se combiner, sur le plan urinaire, vulvovaginal, sexuel et périnéal.
Des fuites à l’effort traduisent une perte de tonus sphinctérien. Les envies pressantes découlent souvent de la carence hormonale. Une sécheresse vaginale rend les rapports inconfortables. Enfin, une pesanteur pelvienne en fin de journée peut annoncer un prolapsus débutant. Ces signaux justifient une prise en charge adaptée. En effet, un prolapsus peut apparaître à cette période, même sans antécédent obstétrical. Les ligaments qui soutiennent la vessie, l’utérus et le rectum perdent alors leur tonicité sous l’effet de la chute des œstrogènes.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) toucherait entre 13 % et 87 % des femmes de plus de 40 ans selon une revue de 2021 regroupant plusieurs études1. Cette fourchette très large reflète une divergence dans les populations et la variabilité des symptômes retenus en fonction de chaque étude individuellement.

Une consultation préventive conserve son intérêt même en l’absence de symptôme franc. En effet, dans une démarche préventive, les premiers signes discrets de la périménopause suffisent pour consulter. Il peut s’agir de fuites occasionnelles, d’envies plus fréquentes ou d’une sécheresse naissante. Intervenir tôt à ce stade limite l’aggravation des symptômes et le risque de voir les tissus continuer à se fragiliser sans accompagnement.
Prise en charge pelvi-périnéologique à la ménopause chez INBIOSY
Le bilan initial du kinésithérapeute intègre le contexte hormonal, les antécédents obstétricaux les symptômes actuels et leur impact sur le quotidien. Selon ce que révèle cette évaluation, le protocole vise deux objectifs possibles. Soit il renforce un périnée devenu hypotonique ou soit il relâche une hypertonie réactionnelle. Au besoin, il inclut un travail sur une cicatrice ancienne ou une désensibilisation des douleurs vaginales. Sur un prolapsus débutant à modéré, ce travail permet souvent d’en stabiliser l’évolution et d’éviter ou de retarder un recours chirurgical.
Le kinésithérapeute mobilise les technologies suivantes selon les situations.
Le biofeedback permet à la patiente de reconnaître son plancher pelvien et d’apprendre à le contrôler volontairement.
Le fauteuil de stimulation électromagnétique peut aussi être utilisé pour travailler en profondeur les tissus sans contact direct.
Ensuite, la radiofréquence trouve ici une indication particulièrement pertinente, car elle agit sur l’élasticité, la vascularisation et la trophicité des tissus, des paramètres directement affectés par la carence œstrogénique.
La photobiomodulation est adaptée selon l’indication clinique et la situation de chaque patiente. Ces technologies de pointe sont utilisées en complément du travail du kinésithérapeute et ne sont pas utilisées de façon systématique.
Orienter une patiente ménopausée vers INBIOSY
Une ordonnance de kinésithérapie en rééducation périnéale délivrée par le gynécologue, l’endocrinologue ou le médecin traitant suffit à démarrer la prise en charge. INBIOSY transmet au professionnel référent un compte rendu du bilan initial. Ce document détaille l’état périnéal, les mécanismes identifiés et l’évolution constatée. Cette prise en charge s’inscrit dans la continuité du suivi gynécologique pour amener une dimension fonctionnelle périnéale.
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Source
1 : PubMed, Mili N et al., Genitourinary syndrome of menopause: a systematic review on prevalence and treatment, Menopause 2021
