Sensation de chaleur soudaine, visage qui rougit, sueurs qui obligent à changer de vêtements : les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus emblématique de la ménopause et périménopause. Comprendre leur mécanisme aide à mieux les anticiper et à identifier les solutions qui existent réellement.

Un symptôme qui touche la grande majorité des femmes
Les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus fréquent de la ménopause.
Environ 7 femmes sur 10 ressentent des bouffées de chaleur, avec une intensité très variable1.
Chez certaines, elles disparaissent en quelques mois. Cependant, chez d’autres, elles peuvent persister plusieurs années. De plus, elles touchent aussi bien des femmes actives que sédentaires, sans profil type. Leur imprévisibilité est d’autant plus déstabilisante au quotidien.
Un mécanisme lié au dérèglement du thermostat interne
La baisse des œstrogènes perturbe le fonctionnement de l’hypothalamus, la zone du cerveau qui régule la température corporelle. Ce dérèglement provoque alors une sensation de chaleur brutale. Elle peut être parfois suivie de sueurs et de frissons, sans lien avec la température extérieure réelle.
Ces épisodes surviennent aussi bien le jour que la nuit. Lorsqu’ils se produisent pendant le sommeil, sous forme de sueurs nocturnes, ils fragmentent les nuits et contribuent à une fatigue qui s’accumule sur la durée.
Ce que les bouffées de chaleur changent au quotidien
Une réunion importante, un dîner, un trajet en train : beaucoup de femmes développent des stratégies d’évitement ou d’anticipation (vêtements superposables, éventail, gestion de la climatisation). A la longue, cela pèse sur leur charge mentale et les épuise.
L’impact sur la confiance en soi et sur la vie sociale ou professionnelle est réel, au même titre que n’importe quel autre symptôme physique.
Les pistes pour les atténuer
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste le traitement de référence lorsque les symptômes altèrent la qualité de vie. La Haute Autorité de Santé, qui a réévalué ces spécialités en octobre 2025, en maintient le service médical rendu. Elle précise ainsi les conditions de prescription. Le traitement est prescrit à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible, avec une réévaluation de la balance bénéfices-risques au moins une fois par an.
Parmi les approches non hormonales, l’hypnose et les thérapies cognitivo-comportementales sont, selon le rapport Rist remis au gouvernement en avril 2025, les seules dont les effets soient aujourd’hui pleinement documentés, et uniquement sur les bouffées de chaleur. D’autres pratiques sont fréquemment proposées, mais leur évaluation reste insuffisante. Par exemple, les phyto-œstrogènes de soja ne sont pas recommandés par la Haute Autorité de Santé et sont déconseillés après un cancer du sein. Un avis médical est indispensable avant toute prise de phytothérapie ou de compléments alimentaires.
Enfin, le mode de vie joue également un rôle. L’arrêt du tabac, une activité physique régulière, une alimentation adaptée à la diminution des besoins énergétiques et le soin apporté à l’environnement de sommeil contribuent au confort quotidien.
Le lien avec la santé pelvi-périnéale
Les bouffées de chaleur ne relèvent pas directement de la rééducation pelvi-périnéale, mais elles s’accompagnent souvent d’autres symptômes climatériques (troubles génito-urinaires, sécheresse vaginale) qui, eux, peuvent être pris en charge lors d’un bilan initial. C’est l’occasion d’aborder l’ensemble des changements liés à la ménopause avec un professionnel formé à ces sujets.
Prendre les choses en main
Si les bouffées de chaleur deviennent envahissantes, un échange avec son médecin ou son gynécologue permet d’évaluer les options disponibles. En parallèle, un bilan chez un kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie peut aider à traiter les symptômes associés, notamment urinaires.

Article rédigé par Carine Dubois, co-fondatrice d’INBIOSY
Source
1: Ameli, Ménopause : définition, symptômes et diagnostic
