Descente d’organes après l’accouchement

Beaucoup de jeunes mères découvrent, dans les semaines suivant la naissance, une sensation inhabituelle de pesanteur ou de « boule » vaginale. Cette découverte, souvent teintée d’inquiétude, arrive à un moment déjà chargé en émotions et en fatigue. Elle mérite d’être expliquée avec justesse. Elle est fréquente, le plus souvent passagère, et rarement le signe de quelque chose de grave.

Femme portant son bébé

Une découverte fréquente

Entre les nuits hachées, l’organisation nouvelle et l’attention portée au bébé, une jeune mère ose rarement parler de ce qu’elle ressent dans son propre corps. La gêne pelvienne est ainsi souvent tue, mise de côté, minimisée. Pourtant, la nommer sans tarder permet d’agir au moment où la récupération est la plus favorable.

Un phénomène plus courant qu’on ne le pense

Un léger prolapsus est déjà présent chez une part importante des femmes en fin de grossesse, avant même l’accouchement.

En effet, le soutien pelvien se modifie en effet dès la grossesse, de façon plus marquée au troisième trimestre qu’au premier1. La grossesse assouplit naturellement les tissus de soutien du bassin, et le poids de l’utérus les sollicite pendant plusieurs mois.

Le mode d’accouchement joue aussi. Une naissance par voie basse, surtout instrumentale, ainsi que le nombre d’accouchements, sont associés à un risque un peu plus élevé.

Enfin, après la naissance, cet abaissement est le plus souvent transitoire. Une cohorte norvégienne a suivi des femmes lors d’une première grossesse jusqu’à un an après l’accouchement. Les résultats montrent qu’un prolapsus restait peu fréquent, présent chez au plus une femme sur dix, et qu’un an après une naissance par voie basse, le soutien pelvien était revenu à son niveau de départ2.

Des issues favorables malgré les peurs

Découvrir cette sensation peut réveiller des peurs : celle d’un corps abîmé, d’un retour au sport ou à la sexualité compromis, d’une gêne qui durerait toujours. À cela s’ajoute parfois un sentiment de culpabilité, totalement injustifié. Il est essentiel de le dire : ce vécu est compréhensible, partagé, et il ne préjuge en rien de l’avenir.

La grande majorité des situations évoluent favorablement. Se sentir soutenue et correctement informée, dès les premières semaines, change souvent le regard porté sur cette période et allège une charge mentale déjà bien remplie.

Des prolapsus souvent transitoires  

Un prolapsus du post-partum repéré et pris en charge rapidement peut, dans de nombreux cas, se résorber spontanément ou s’améliorer nettement grâce à la rééducation périnéale. C’est précisément pourquoi cette rééducation, engagée après la consultation post-natale, est aujourd’hui recommandée de façon quasi systématique après un accouchement par voie basse, et parfois aussi après une césarienne, la grossesse ayant pu à elle seule fragiliser le plancher pelvien.

La rééducation du post-partum chez INBIOSY

Chez INBIOSY, la rééducation du post-partum débute par un bilan qui évalue la commande périnéale, la sangle abdominale et le retentissement au quotidien. De là se construit un programme progressif, adapté à cette période si particulière, qui respecte le rythme et les contraintes de la jeune mère.

Selon les besoins, il peut associer un travail manuel, des exercices guidés par le biofeedback et des technologies choisies au cas par cas, toujours dans la douceur et sans précipitation.

Un facteur de risque parmi d’autres

De nombreuses femmes ayant accouché par voie basse ne développeront jamais de prolapsus gênant, tandis que d’autres, sans avoir accouché, peuvent en présenter un. Chaque situation mérite un bilan individualisé, sans généralisation hâtive.

Des situations à adapter 

Dans les mois qui suivent la naissance, quelques attentions soutiennent la récupération. Par exemple, éviter le port répété de charges lourdes, préserver un bon transit, reprendre l’activité physique progressivement et sans efforts de poussée brutaux, s’accorder du repos. En effet, ces adaptations sont des investissements pour la suite.

Consulter tôt pour une meilleure chance de rééducation

Découvrir une descente d’organes après la naissance est fréquent et rarement le signe de quelque chose de grave.

Une évaluation précoce reste néanmoins déterminante. Plus la rééducation est engagée tôt, meilleures sont les chances de récupération.

Ensuite, la prise en charge du post-partum chez INBIOSY débute par un bilan qui évalue la commande périnéale, la sangle abdominale et le retentissement au quotidien. A partir de ce bilan est construit un programme progressif et adapté au rythme de chaque jeune mère.

Sources :

1 : PubMed. The natural history of pelvic organ support in pregnancy

2 : PubMed. Change in pelvic organ support during pregnancy and the first year postpartum: a longitudinal study