L’accouchement, par voie basse ou par césarienne, peut créer des lésions sur le plancher pelvien. Il soumet les structures musculaires, fasciales et nerveuses de la région périnéale à de fortes contraintes. Cependant, sans rééducation adaptée, ces contraintes peuvent laisser des séquelles fonctionnelles durables.
Une prise en charge pelvi-périnéologique après l’accouchement permet de restaurer les fonctions altérées, de traiter la cicatrice quand elle le nécessite, et de sécuriser la reprise progressive des activités du quotidien et du sport.
L’adaptation du plancher pelvien lors de l’accouchement
Un accouchement par voie basse étire considérablement les muscles, les ligaments et les nerfs du plancher pelvien. Des déchirures périnéales, spontanées ou lors d’une épisiotomie, peuvent survenir et nécessitent une attention particulière lors de la rééducation pour éviter une cicatrisation fibreuse génératrice de douleur ou de dyspareunie.
La césarienne ne protège pas totalement le périnée non plus : le portage de la grossesse a déjà exercé des contraintes importantes sur les structures de soutien et la cicatrice abdominale peut générer des tensions qui se répercutent sur le plancher pelvien.
Ainsi, des douleurs à la cicatrice, des troubles du transit ou une sensation de pesanteur pelvienne peuvent survenir indépendamment du mode d’accouchement.

Également, l’incontinence urinaire est présente chez un certain nombre de femmes post partum. En effet, selon une analyse de 2021 regroupant 24 études1, la fréquence de l’incontinence urinaire est de 32 % dans l’année suivant l’accouchement. Sur ces 32 %, l’incontinence urinaire d’effort est la forme la plus courante, représentée à 54 %, et concerne aussi bien les femmes primipares et multipares.
Symptômes qui justifient une consultation en post-partum
Plusieurs symptômes apparaissant dans les semaines ou les mois suivant l’accouchement méritent une évaluation pelvi-périnéologique.
Des fuites urinaires peuvent survenir à l’effort, à la toux ou au rire.
Les envies pressantes deviennent parfois difficiles à retenir (urgenturie).
Une cicatrice d’épisiotomie, de déchirure ou de césarienne peut rester douloureuse.
Certaines patientes ressentent aussi une gêne lors des rapports sexuels ou à la reprise d’une activité physique.
S’y ajoutent une sensation de pesanteur dans le bas-ventre ou une difficulté à contrôler les gaz ou les selles.
Ces signaux sont fréquents. Cependant, une prise en charge fonctionnelle adaptée améliore sensiblement le confort quotidien et prévient l’installation de séquelles durables.
La consultation post-natale
La consultation post-natale a lieu six à huit semaines après l’accouchement. Son examen clinique permet de déterminer si une rééducation périnéale s’impose. Ce délai convient à la majorité des situations. Une cicatrice douloureuse ou des douleurs pelviennes marquées peuvent toutefois justifier une consultation plus précoce, en concertation avec la sage-femme ou le gynécologue. À l’inverse, il n’est jamais trop tard pour consulter. Certaines femmes viennent nous voir plusieurs mois, voire plusieurs années après l’accouchement, et la prise en charge conserve tout son intérêt quel que soit le délai écoulé, en particulier avant d’envisager une reprise sportive.
Bilan et protocole de rééducation post-partum chez INBIOSY
Le bilan initial effectué par le kinésithérapeute spécialisé évalue simultanément le tonus périnéal, l’état de la cicatrice, la coordination musculaire, les symptômes urinaires et les objectifs de la patiente, y compris sportifs. Le protocole se construit ensuite autour de trois axes complémentaires, ajustés selon ce que révèle cette évaluation initiale.
Lorsque la cicatrice d’épisiotomie ou de déchirure reste sensible, adhérente ou douloureuse, un travail manuel de désensibilisation et de mobilisation tissulaire est engagé.
Lorsque le bilan révèle une perte de tonus, le travail vise le renforcement et l’endurance musculaire.
Lorsqu’il révèle au contraire une hypertonie de protection, l’objectif s’inverse et consiste à réapprendre le relâchement volontaire. La coordination entre périnée, diaphragme et sangle abdominale est retravaillée en parallèle. Ce travail précède en particulier une reprise de la course, du renforcement musculaire ou d’un sport collectif. Ce sont en effet des activités qui exposent un périnée non préparé à des fuites, des douleurs pelviennes et, à plus long terme, à un risque accru de prolapsus.
Les technologies
Les technologies peuvent être mobilisées selon les situations rencontrées durant ce bilan.
Par exemple, le biofeedback permet à la patiente de comprendre l’emplacement de son plancher pelvien et de pouvoir le contracter ou relâcher volontairement.
Ensuite, le fauteuil de stimulation électromagnétique peut être utilisé pour un travail de fond sans contact direct ni déshabillage, utile notamment lorsque la cicatrice reste sensible.
Enfin, la radiofréquence et la photobiomodulation sont mobilisées selon l’indication clinique, en particulier pour accompagner la cicatrisation tissulaire.
Aucune de ces technologies n’est appliquée de façon systématique : leur utilisation est décidée au cas par cas.
Orienter une patiente en post-partum vers INBIOSY
La prescription se fait sur ordonnance de kinésithérapie en rééducation périnéale, délivrée par le gynécologue, la sage-femme ou le médecin traitant après la visite post-natale. INBIOSY transmet un compte rendu documentant l’état périnéal initial et les axes de travail retenus. Cette prise en charge s’inscrit dans la continuité du suivi post-natal.
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Source
1 : PubMed, Moossdorff-Steinhauser HFA et al., Prevalence, incidence and bothersomeness of urinary incontinence between 6 weeks and 1 year post-partum, Int Urogynecol J 2021
