La continence anale repose sur un système plus complexe qu’il n’y paraît. Elle ne dépend pas d’un seul muscle, mais d’une coordination fine entre plusieurs structures anatomiques, dont le bon fonctionnement dépend lui-même de l’intégrité du plancher pelvien dans son ensemble.

Les acteurs de la continence anale
Le sphincter anal est en réalité constitué de deux muscles distincts aux rôles complémentaires.
Le sphincter anal interne est un muscle lisse, à contraction involontaire. C’est lui qui maintient la fermeture au quotidien, sans effort conscient. Une atteinte de ce muscle génère une incontinence passive, des fuites qui surviennent sans sensation préalable.
Le sphincter anal externe est un muscle strié, à contraction volontaire. Il permet de différer la défécation lorsque le besoin se fait sentir. Il entre ainsi en jeu face aux urgences défécatoires car c’est lui que l’on contracte consciemment pour retenir. Sa faiblesse ou sa mauvaise coordination génère alors une incontinence active, avec des urgences qui ne peuvent pas être différées.
Le muscle pubo-rectal, troisième acteur clé, forme une sangle autour du rectum. C’est lui qui maintient l’angle anorectal à environ 90 degrés en position debout. Cet angle est indispensable à la continence. En effet, il crée une occlusion mécanique qui empêche les selles de descendre sous leur propre poids. Lors de la défécation, ce muscle se relâche et l’angle s’ouvre, permettant l’évacuation.
Le rôle du plancher pelvien dans cet ensemble
Chez les femmes et les hommes, le plancher pelvien est un hamac musculaire qui s’étend du pubis au coccyx et qui constitue le cadre dans lequel ces trois structures fonctionnent. Sa tonicité générale, sa coordination avec la respiration et la pression abdominale, et sa capacité à se contracter et à se relâcher de façon adaptée conditionnent directement la qualité de la continence.
Un plancher pelvien affaibli, notamment après un accouchement pour les femmes ou une chirurgie pelvienne, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, prive les sphincters d’une partie de leur soutien mécanique. Un plancher pelvien hypertonique, en tension excessive, peut perturber la coordination défécatoire et favoriser à la fois la constipation et, paradoxalement, des fuites.
C’est pourquoi la rééducation de l’incontinence anale ne cible pas uniquement le sphincter anal, mais le plancher pelvien dans sa globalité, en travaillant la coordination, la force et la souplesse de l’ensemble.
Le biofeedback
L’une des difficultés de la rééducation sphinctérienne est que ces muscles sont largement hors de la conscience corporelle habituelle. Beaucoup de patients ne savent pas comment contracter leur sphincter anal de façon isolée, ni même s’ils le font correctement.
Le biofeedback résout ce problème en rendant visible l’activité musculaire sur un écran en temps réel. Le patient peut voir sa contraction sphinctérienne, apprendre à l’intensifier, à la maintenir dans la durée, et à la relâcher complètement, autant d’apprentissages qui ne sont pas possibles par la simple instruction verbale.
Ce travail de conscience et de coordination est souvent ce qui fait la différence entre une rééducation qui progresse et une qui stagne.
INBIOSY travaille également avec d’autres technologies pour compléter utilement le protocole de soin des patients, par exemple la radiofréquence, la photobiomodulation ou encore le fauteuil de stimulation électromagnétique.
Quand consulter ?
Des pertes involontaires de gaz ou de selles, des urgences défécatoires difficiles à différer, ou une sensation de vidange incomplète persistante méritent une évaluation pelvi-périnéologique. Une prise en charge précoce permet de diminuer significativement ces symptômes. Une ordonnance de kinésithérapie en rééducation périnéale délivrée par un médecin généraliste ou un proctologue permet de débuter des séances de rééducation chez INBIOSY.
