L’hystérocèle (descente de l’utérus)

Description de l’hystérocèle

L’utérus est normalement suspendu au fond du bassin par un système ligamentaire, principalement les ligaments utéro-sacrés et cardinaux, qui l’arriment vers le sacrum et les parois latérales du pelvis. Ce dispositif constitue le soutien apical, c’est-à-dire le niveau le plus profond du soutien vaginal.

Lorsque ces ligaments perdent leur tonicité, l’utérus descend dans l’axe du vagin, entraînant parfois avec lui la vessie et le rectum.

C’est la raison pour laquelle l’hystérocèle s’accompagne si souvent d’une cystocèle ou d’une rectocèle. Effectivement, la défaillance du soutien apical déstabilise l’ensemble de l’édifice pelvien. Restaurer ou soulager ce niveau de soutien, par la rééducation ou par un pessaire, bénéficie donc fréquemment aux autres compartiments.

Données statistiques et risques

Les facteurs de risque de l’hystérocèle rejoignent ceux des autres prolapsus. Il peut s’agir d’accouchements multiples par voie basse, de la ménopause et de la carence œstrogénique, d’une hyperpression abdominale chronique, et, dans une moindre mesure, une prédisposition génétique liée à la qualité du tissu conjonctif.

Après une hystérectomie totale, apparaît le risque d’une descente du dôme vaginal, faute de soutien utérin. On parle alors de prolapsus apical, ou prolapsus de la voûte vaginale. Une étude italienne de référence1, portant sur treize années d’expérience, estime l’incidence de ce prolapsus du dôme à 1,8 % après une hystérectomie réalisée pour une indication bénigne, mais à 11,6 % lorsque l’hystérectomie avait été pratiquée pour un prolapsus préexistant. Ce constat rappelle que l’ablation de l’utérus ne corrige pas à elle seule un défaut de soutien apical, et souligne l’intérêt d’un accompagnement rééducatif avant comme après l’intervention.

Profil des signes cliniques

La patiente décrit le plus souvent une pesanteur pelvienne, une sensation de boule vaginale pouvant devenir visible ou palpable à l’extérieur de la vulve dans les formes avancées, ainsi qu’une gêne lors des rapports sexuels.

Des troubles urinaires ou digestifs associés sont fréquents lorsque l’hystérocèle s’accompagne d’une cystocèle ou d’une rectocèle.

Comme pour les autres prolapsus, les symptômes s’aggravent en fin de journée, à l’effort ou en position debout prolongée, et s’atténuent en position allongée. Dans les stades les plus évolués, le contact permanent de la muqueuse extériorisée avec les vêtements peut entraîner une irritation, une ulcération de frottement, plus rarement des saignements, qui imposent alors un avis médical rapide.

Les stades cliniques de l’hystérocèle

Le diagnostic repose sur l’examen gynécologique au repos puis en poussée. Celui-ci apprécie la descente du col utérin et son extériorisation éventuelle. La classification POP-Q, standard international depuis 19962, mesure la position de plusieurs points vaginaux par rapport à l’anneau hyménal et attribue un stade de 0 à 4, le stade 4 correspondant à la procidence complète. Cette gradation objective oriente la décision thérapeutique.

Les stades débutants à modérés relèvent volontiers d’une prise en charge conservatrice, tandis que les formes très évoluées font discuter une solution chirurgicale ou le port prolongé d’un pessaire.

Le bilan kinésithérapique complète cette évaluation en mesurant la commande périnéale et le retentissement fonctionnel.

Du bilan initial au protocole de soin sur mesure

Face à une hystérocèle symptomatique, la rééducation périnéale reste la première ligne de prise en charge, en particulier aux stades débutants à modérés, comme l’a confirmé l’essai randomisé POPPY3. Elle vise à renforcer le tonus des releveurs de l’anus pour compenser partiellement le déficit ligamentaire et pour stabiliser l’ensemble de la statique pelvienne.

Le port d’un pessaire, correctement dimensionné et adapté à la morphologie de chaque patiente, constitue une solution non chirurgicale efficace pour de nombreuses femmes. Il peut même être proposé à des stades avancés ou en attente d’intervention et de façon transitoire ou durable. INBIOSY accompagne également les patientes après hystérectomie, pour prévenir ou limiter l’apparition d’un prolapsus apical. 

Chez INBIOSY, chaque programme de rééducation est individualisé et réévalué au fil des séances. Le protocole de soin est ainsi adapté au profil et à la situation de chaque patiente. Il peut être complété par l’utilisation de technologies innovantes comme le fauteuil de stimulation électromagnétique, la radiofréquence ou técarthérapie.

Conseils pour une hystérocèle

Au-delà du geste rééducatif, plusieurs habitudes de vie soulagent le quotidien et limitent l’aggravation.

Réguler le transit pour éviter les efforts de poussée, adapter le port de charges en apprenant à souffler pendant l’effort plutôt qu’à bloquer sa respiration, maintenir un poids de forme et traiter une toux chronique sont autant de mesures simples qui réduisent la pression exercée sur le soutien pelvien.

Chez la femme ménopausée, un traitement local, prescrit par le médecin, peut améliorer la trophicité des tissus vaginaux et le confort du pessaire.

Ces mesures ne remplacent pas la rééducation, mais la prolongent et en consolident les bénéfices. Elles rendent aussi à la patiente une forme de prise sur sa situation, souvent précieuse face à un trouble longtemps vécu dans le silence.

Lien entre les prescripteurs et INBIOSY

INBIOSY travaille en lien avec les gynécologues pour la prise en charge conservatrice de l’hystérocèle, avant chirurgie ou en alternative à celle-ci selon le souhait de la patiente. Une ordonnance de kinésithérapie de rééducation périnéale suffit pour nous l’adresser.

INBIOSY reste également disponibles pour accompagner vos patientes en post-hystérectomie, dans une logique de prévention du prolapsus apical. Un compte rendu de bilan est transmis au médecin prescripteur, et un suivi coordonné peut être organisé pour les situations les plus complexes.

Femme au téléphone remplissant une fiche

Sources

1 : PubMed. Marchionni M et al. True incidence of vaginal vault prolapse. Thirteen years of experience. J Reprod Med, 1999

2 : PubMed. Bump RC et al. The standardization of terminology of female pelvic organ prolapse and pelvic floor dysfunction. Am J Obstet Gynecol, 1996 (classification POP-Q)

3 : TheLancet. Hagen S et al. Individualised pelvic floor muscle training in women with pelvic organ prolapse (POPPY). Lancet, 2014