Descente d’organes après chirurgie gynécologique

Pourquoi une chirurgie peut-elle favoriser un prolapsus ?

L’hystérectomie, totale ou subtotale, supprime le point d’ancrage central que constitue l’utérus pour les autres structures de soutien pelvien. En retirant l’uterus, le dôme vaginal est potentiellement moins bien retenu, surtout si le geste chirurgical n’a pas été complété par une fixation de la voûte.

Par ailleurs, toute chirurgie pelvienne modifie les équilibres de pression et de tension entre les compartiments. Ainsi, corriger un compartiment peut, à distance, révéler ou aggraver la faiblesse d’un autre et faire apparaître un prolapsus dans un compartiment jusque-là épargné.

Hystérectomie et chirurgie du prolapsus

Une vaste cohorte nationale suédoise a montré que l’hystérectomie s’accompagne d’un risque accru de recourir plus tard à une chirurgie du prolapsus. Ce risque est le plus élevé lorsque l’intervention a été réalisée par voie vaginale. Le prolapsus concerné est le plus souvent apical1. C’est-à-dire une descente du dôme vaginal lui-même, l’organe qui servait de point d’ancrage au soutien du sommet du vagin ayant été retiré.

Les signaux d’un prolapsus après chirurgie

Les symptômes rejoignent ceux des autres formes de prolapsus. Il peut s’agir d’une sensation de pesanteur ou de boule vaginale, parfois révélée par un effort ou un port de charge dans les mois suivant l’intervention. Cela peut également être des troubles urinaires ou digestifs associés selon le compartiment concerné. 

Ces symptômes peuvent apparaître de manière progressive, plusieurs mois voire plusieurs années après la chirurgie initiale. Leur lien avec l’intervention est alors parfois difficile à identifier pour la patiente elle-même. Ainsi, toute gêne pelvienne qui réapparaît après une chirurgie gynécologique mérite donc une évaluation, sans que cela ne préjuge de sa gravité.

Le diagnostic du médecin et le bilan du kinésithérapeute

Le bilan initial associe deux intervenants aux rôles distincts.

Le médecin effectue le diagnostic. C’est le gynécologue, l’urologue ou le chirurgien qui a opéré qui examine la patiente, au repos puis lors d’un effort de poussée, et qui pose le diagnostic. Pour décrire la descente d’organes de façon précise et comparable d’un examen à l’autre, le spécialiste s’appuie sur une échelle internationale de référence, la classification POP-Q, qui situe la position des organes par rapport à l’entrée du vagin et la traduit en cinq stades, de 0, lorsque le soutien est normal, à 4, lorsque la descente est maximale. Chez une femme déjà opérée, cet examen s’attache particulièrement au sommet du vagin, ou dôme, qui a pu être fragilisé par l’intervention2.

Le bilan fonctionnel est ensuite effectué par la kinésithérapeute. Intervenant sur prescription médicale, elle réalise ensuite son propre bilan. Elle évalue la capacité à contracter puis à relâcher volontairement les muscles du périnée, ainsi que la gêne ressentie au quotidien. Un échange avec le chirurgien complète utilement cette étape, car connaître la technique employée et respecter les délais de cicatrisation permet d’adapter la prise en charge sans précipitation. A partir de ces résultats, le kinésithérapeute construit un programme de rééducation sur mesure. Il tient précisément compte du contexte particulier des suites d’opération2.

Importance de la rééducation périnéale

INBIOSY propose un accompagnement rééducatif aussi bien en amont d’une chirurgie pelvienne, pour optimiser le tonus périnéal préopératoire, qu’en aval, pour accompagner la cicatrisation tissulaire et prévenir l’apparition d’un nouveau prolapsus.

Ce travail associe rééducation manuelle, biofeedback et technologies complémentaires comme la radiofréquence, appréciée pour son action sur la qualité du tissu conjonctif cicatriciel.

L’efficacité de la rééducation périnéale sur les symptômes de prolapsus est établie par l’essai randomisé POPPY (Pelvic Organ Prolapse PhysiotherapY trial)3. La rééducation s’inscrit ici dans une logique de prévention de la récidive autant que de traitement. Ainsi, le kinésithérapeute adapte toujours le rythme et le contenu des séances au type d’intervention réalisée. Il respecte également les délais de cicatrisation que le chirurgien recommande.

Salle de soin INBIOSY

Rééducation avant et après l’intervention

La rééducation encadrant une chirurgie pelvienne se pense en deux temps.

En préopératoire, souvent quelques semaines avant l’intervention, elle prépare le plancher pelvien en améliorant la commande musculaire et la conscience du périnée. Une patiente qui sait déjà mobiliser sa musculature profonde retrouve plus vite ses repères après le geste chirurgical.

En postopératoire, la reprise est progressive et toujours calée sur les consignes du chirurgien, en particulier sur les délais de cicatrisation avant tout travail en résistance. Les premières séances privilégient la douceur, la gestion des pressions du quotidien et l’accompagnement de la cicatrice, avant un renforcement plus soutenu.

Cette continuité entre le geste opératoire et la rééducation contribue à limiter le risque de récidive et à consolider durablement le résultat de la chirurgie.

Lien étroit entre INBIOSY et le corps médical

INBIOSY travaille en collaboration étroite avec les chirurgiens gynécologues pour la préparation et le suivi post-opératoire des patientes. Une ordonnance de kinésithérapie en rééducation périnéale suffit pour prendre en charge une patiente.

Un échange direct reste toujours possible pour ajuster le calendrier aux protocoles chirurgicaux spécifiques. INBIOSY transmet aussi un compte rendu de bilan au prescripteur.

Femme au téléphone remplissant une fiche

Sources

1 : PubMed. Altman D, Falconer C, Cnattingius S, Granath F. Pelvic organ prolapse surgery following hysterectomy on benign indications. Am J Obstet Gynecol, 2008;198(5):572.e1-572.e6

2 : PubMed. Bump RC, Mattiasson A, Bø K, et al. The standardization of terminology of female pelvic organ prolapse and pelvic floor dysfunction. Am J Obstet Gynecol, 1996;175(1):10-17 (classification POP-Q). doi : 10.1016/S0002-9378(96)70243-0

LegiFrance, Code de la santé publique, articles R4321-1 et suivants

3 : TheLancet. Hagen S et al. Individualised pelvic floor muscle training in women with pelvic organ prolapse (POPPY). Lancet, 2014