Le syndrome du canal d’Alcock est une forme de névralgie pudendale. Les deux termes désignent la même pathologie : une compression ou une irritation du nerf pudendal, responsable de douleurs chroniques dans la région périnéale. Le terme « canal d’Alcock » précise simplement l’endroit où se situe la compression, dans un passage anatomique précis au niveau du bassin.
Chez INBIOSY, ce syndrome fait l’objet d’une prise en charge spécialisée en pelvi-périnéologie, en complément du traitement médical prescrit.
Le canal d’Alcock : un passage étroit qui peut coincer le nerf
Le canal d’Alcock, aussi appelé canal pudendal, est un petit tunnel situé dans la paroi du bassin, au niveau de la fesse. Le nerf pudendal y passe, entouré de tissu fibreux qui ne se laisse pas distendre. C’est précisément cette rigidité qui rend cet endroit vulnérable. Ainsi, si les tissus environnants se contractent, s’enflamment ou se fibrosent, le nerf se retrouve comprimé dans un espace qui ne peut pas s’adapter.
Cette compression est à l’origine des douleurs caractéristiques du syndrome : une brûlure, un écrasement, une gêne persistante qui s’aggrave en position assise et s’améliore dès que l’on se lève.

Pourquoi ce tunnel peut-il comprimer le nerf ?
Plusieurs situations peuvent provoquer cette compression. La plus fréquente est mécanique : une pression prolongée sur la région périnéale, notamment chez les cyclistes pratiquant de longues distances, les personnes dont le travail implique de rester assis de nombreuses heures, ou celles qui ont repris une activité physique intense après une période sédentaire.
D’autres causes sont possibles. Une intervention chirurgicale dans le bassin, une cure de prolapsus ou un accouchement difficile peuvent avoir fragilisé les tissus autour du canal. Parfois, des tensions musculaires chroniques dans cette région s’installent progressivement, sans cause traumatique identifiable.
Ces facteurs peuvent se combiner, ce qui explique pourquoi deux patients présentant le même diagnostic peuvent avoir des parcours et des symptômes très différents.
Quels symptômes doivent alerter ?
Le syndrome du canal d’Alcock et la névralgie pudendale partagent les mêmes critères diagnostiques, établis par l’équipe médicale de Nantes en 20081.
En pratique, plusieurs signes doivent amener à consulter un spécialiste. La douleur est présente en position assise et disparaît debout ou allongée. Elle peut être ressentie dans le périnée, la région génitale, l’anus ou le bas-ventre.
Chez l’homme, elle se manifeste parfois sous forme de douleurs aux testicules, à la verge ou après l’éjaculation.
Chez la femme, des douleurs pendant les rapports sexuels ou des envies pressantes et fréquentes d’uriner, au-delà de 6 à 8 fois par jour, sont des signes courants.
Par ailleurs, un critère est particulièrement important : la douleur ne réveille pas la nuit. C’est l’un des éléments qui permettent de distinguer ce syndrome d’autres causes de douleurs pelviennes chroniques.
Comment ce symptôme est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique et l’interrogatoire médical. Il n’existe pas d’examen biologique qui confirme la névralgie pudendale. En revanche, plusieurs examens complémentaires peuvent apporter des informations utiles.
Une IRM pelvienne avec un protocole adapté peut révéler des anomalies structurelles au niveau du canal. En région Rhône-Alpes, les centres pratiquant ce type d’examen spécifique sont principalement situés à Grenoble et à Lyon, où le centre anti-douleur des Hospices Civils constitue une référence reconnue pour cette pathologie.
Un bloc anesthésique du nerf pudendal, réalisé par un médecin spécialiste, peut également être proposé. Si la douleur diminue significativement après l’injection, cela confirme l’origine pudendale des symptômes. Ce geste est à la fois un outil diagnostique et un premier traitement.
Techniques de rééducation ciblées
Chez INBIOSY, le travail rééducatif part d’un constat simple : si le nerf est comprimé dans un tunnel, l’objectif est de libérer les tensions qui exercent cette pression. Le bilan diagnostic réalisé lors de la première séance permet d’identifier précisément les structures impliquées et d’adapter le protocole.
Ainsi, le relâchement musculaire et la thérapie des fascias constituent souvent le point de départ. Ce travail manuel agit directement sur les muscles et les tissus qui entourent le canal, pour redonner de l’espace au nerf.
La Tecarthérapie peut compléter ce travail par une action en profondeur sur les tissus. Cette technologie utilise une radiofréquence à 448 kHz pour stimuler la vascularisation locale et réduire l’inflammation autour du nerf, y compris dans les zones difficiles à atteindre manuellement. Elle est non invasive et peut être utilisée avec ou sans sonde selon les cas.
Lorsque la douleur est très présente et rend difficile tout contact direct, le fauteuil de stimulation électromagnétique offre une alternative intéressante : il agit sur le plancher pelvien sans aucun contact physique, par induction électromagnétique.
La photobiomodulation peut également être proposée en complément pour ses effets anti-inflammatoires sur les tissus périneuraux, selon le tableau clinique.
Pour la gestion de la douleur au quotidien, le TENS, par stimulation électrique douce appliquée sur la peau, et le biofeedback qui aide à reprendre conscience et contrôle de la région périnéale, complètent le protocole selon les besoins du patient.
Orienter un patient vers INBIOSY : informations pour les prescripteurs
Les patients pris en charge chez INBIOSY pour ce syndrome ont souvent consulté plusieurs médecins avant d’obtenir un diagnostic. Le médecin généraliste mais aussi l’algologue, le médecin de la douleur, le proctologue ou l’urologue sont généralement les premiers à identifier cette pathologie et à orienter vers une rééducation spécialisée.
Le compte rendu de bilan diagnostic transmis au médecin prescripteur après chaque patient documente les structures impliquées, le protocole mis en place et l’évolution clinique observée. Il s’intègre directement dans le suivi médical coordonné.
Pour orienter un patient, une ordonnance de kinésithérapie de pelvi-périnéologie suffit. La prise en charge est ensuite construite en tenant compte du bilan initial, du traitement médical en cours et des objectifs définis avec le patient.
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Sources
1 : PubMed Labat JJ, Riant T, Robert R, Amarenco G, Lefaucheur JP, Rigaud J. Diagnostic criteria for pudendal neuralgia by pudendal nerve entrapment (Nantes criteria). Neurourol Urodyn. 2008;27(4):306-10. doi: 10.1002/nau.20505. PMID: 17828787.
