Chez la femme, le nerf pudendal innerve une région étendue : vulve, vagin, clitoris, sphincter anal, sphincter urinaire et rectum. Cette large distribution explique à la fois l’intensité des douleurs et la difficulté à en localiser l’origine, la sensation étant fréquemment ressentie à distance du point de compression. La névralgie pudendale peut survenir à tout âge de la vie adulte, avec une fréquence plus marquée entre 30 et 70 ans.
Non identifiée, elle s’installe durablement et retentit sur la qualité de vie, intime comme professionnelle. INBIOSY l’aborde dans sa globalité, par une rééducation pelvi-périnéologique articulée au parcours médical de la patiente.
Le nerf pudendal chez la femme : une douleur mal localisée
Le nerf pudendal peut être comprimé ou mis en tension en plusieurs points de son trajet pelvien. Le canal d’Alcock constitue le site le plus fréquent, mais la compression peut aussi survenir entre le ligament sacro-épineux et le ligament sacro-tubéral, ou à l’entrée du défilé situé sous le muscle piriforme. Chaque localisation produit un tableau clinique légèrement différent, ce qui contribue à la variabilité des symptômes d’une patiente à l’autre.
Lorsqu’il est irrité, le nerf provoque des douleurs neuropathiques ressenties à distance de leur origine : vulve, vagin, anus, clitoris ou bas-ventre. Cette projection explique la confusion fréquente avec une vulvodynie, une vestibulodynie, un syndrome vésical douloureux ou une endométriose, et le retard diagnostique qui en résulte parfois.

La compression ou l’irritation du nerf pudendal
Les causes de compression sont variées. Un accouchement difficile, marqué par un travail prolongé ou l’usage d’instruments obstétricaux, figure parmi les plus fréquentes, le nerf pouvant être étiré ou comprimé lors du passage de l’enfant. Par ailleurs, une chirurgie pelvienne, une cure de prolapsus ou une hystérectomie peuvent également fragiliser les tissus voisins du nerf.
Certaines pratiques sportives exposent aussi la région périnéale à des contraintes répétées, cyclisme, course intensive, équitation, aviron, et plus largement les disciplines associant appuis prolongés et chocs. De même qu’une sédentarité marquée, avec une position assise maintenue de longues heures, produit un effet comparable. Enfin, des tensions chroniques du plancher pelvien peuvent s’installer progressivement, sans déclencheur identifiable.
Ces facteurs se combinent souvent, ce qui explique que deux patientes partageant le même diagnostic présentent des parcours distincts.
Les signes qui doivent conduire à une consultation spécialisée
Plusieurs manifestations justifient un avis spécialisé. La douleur apparaît ou s’aggrave en position assise et cède debout ou allongée ; elle concerne le périnée, la vulve, le vagin, le clitoris, l’anus ou le bas-ventre, sous forme de brûlure, de sensation d’étau ou de décharge électrique. Des douleurs pendant les rapports, une hypersensibilité vulvaire ou clitoridienne, ainsi que des envies fréquentes et pressantes d’uriner, au-delà de six à huit fois par jour, sont également rapportées.
L’absence de réveil nocturne constitue un repère important. En effet, elle distingue la névralgie pudendale de l’endométriose, dont les douleurs sont cycliques et liées aux règles, et du syndrome vésical douloureux, dont les douleurs urinaires ne dépendent pas de la position.
Le parcours diagnostique chez la femme
Le diagnostic repose sur un interrogatoire approfondi et un examen physique, encadrés par les critères de Nantes (définis en 2006, publiés en 2008)1 :
Douleur dans le territoire du nerf pudendal,
Aggravation en position assise,
Disparition debout ou allongée,
Absence de réveil nocturne,
Et soulagement après bloc anesthésique.
Aucun marqueur biologique ne peut le confirmer. Ainsi, uniquement une IRM pelvienne réalisée selon un protocole dédié peut apporter des éléments d’orientation, notamment au niveau du canal d’Alcock ; en région Rhône-Alpes, seuls deux centres à Grenoble et à Lyon la proposent.
Lorsqu’un bloc anesthésique est envisagé, l’IRM est réalisée en premier : les deux examens se complètent sans se substituer l’un à l’autre, ni au raisonnement clinique.
Ce que la rééducation périnéale peut apporter
La prise en charge chez INBIOSY s’ouvre par un bilan diagnostique approfondi. La kinésithérapeute évalue la douleur, la localisation, la nature, l’ancienneté, ainsi que les antécédents obstétricaux et chirurgicaux, les habitudes de vie, la vie intime et la qualité du transit. Cette approche globale est nécessaire, la névralgie pudendale féminine s’inscrivant souvent dans un contexte pelvien plus large.
Le relâchement musculaire et la thérapie des fascias amorcent le plus souvent le protocole, en réduisant les pressions exercées sur le nerf. Selon l’évolution, plusieurs technologies peuvent y être associées : Tecarthérapie, fauteuil de stimulation électromagnétique, photobiomodulation, biofeedback. Le choix et la progression de ces outils dépendent du bilan et de la patiente.
Orienter un patient vers INBIOSY
Avant d’être orientées vers une rééducation spécialisée, les patientes ont souvent consulté plusieurs spécialités, gynécologie, urologie, parfois gastro-entérologie. En effet, la reconnaissance de la névralgie pudendale marquant le plus souvent le début d’une prise en charge adaptée.
Une ordonnance de kinésithérapie suffit pour l’adresser à INBIOSY.
Le bilan précise les structures musculaires, fasciales et nerveuses concernées et évalue le retentissement quotidien ; un compte rendu détaillé est ensuite transmis au médecin prescripteur, dans une logique de suivi coordonné.

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Source
1 : Labat JJ, Riant T, Robert R, Amarenco G, Lefaucheur JP, Rigaud J. Diagnostic criteria for pudendal neuralgia by pudendal nerve entrapment (Nantes criteria). Neurourol Urodyn, 2008;27(4):306-310 https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/nau.20505
